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Expos

Juste une mise au point

9047_Maria_Sethe-Theo_Van_Rysselberghe(c)Museum_Schone_KunstenMaria Sèthe, future épouse de Henry Van de Velde, est ici portraitisée par Théo Van Rysselberghe, en 1891. A cette époque où Bruxelles foisonne, notée comme deuxième puissance mondiale, s’y développe une théorie de la peinture qu’on nomme néo-impressionisme, chromo-luminarisme, divisionnisme ou encore pointillisme. Qu’importe le mot. L’idée est de rechercher la lumière et la couleur objectives, recomposées par l’oeil à partir de points de couleur pure juxtaposés. On peut dire qu’on voit ici naître les prémices de la pixellisation en même temps qu’un mouvement qui mènera la peinture à la modernité.

Vive et émotive, Maria fait face à une source de lumière. Tant son visage que les plis de sa robe mauve sont prétexte à rendre les matières lumineuses. Formée de milliers de petits points, la composition déploie une gamme de couleurs vives, puissantes, puisque le mauve répond à l’orange et au jaune du piano, dans l’arrière-fond. La technique pointilliste permet d’associer les différentes zones de couleurs, de les rassembler, puisqu’on retrouve des points orange dans le mauve et du mauve dans le jaune du piano. L’aspect vibrant de la technique se prête merveilleusement au sujet, cette jeune femme musicienne. La musique semble flotter autour d’elle, un rythme s’impose, délicat.

C’est avec un grande tendresse  et beaucoup de poésie que le peintre a saisi le visage de la jeune fille. On peut y lire une impatience, un frémissement, mais aussi, une certaine tristesse. Un portrait moderne comme celui-ci tente brillamment de rendre avec réalisme un visage, en même temps qu’il donne à voir une personnalité, les émotions qui habitent le modèle, la tension de sa posture. Au même moment, c’est l’ambiance d’un intérieur bourgeois d’une mélomane qui s’illustre, ainsi que l’audace coloriste de Van Rysselnerghe…. Le tout à coups de petits points.

  • To the Point
  • Le portrait néo-impressionnisite, 1886 – 1904
  • Espace culturel ING
  • 6 place royale
  • 1000 Bruxelles
  • Jusqu’au 18 mai

http://www.bpost.be/site/fr/residential/stamps/philately/stamps/2013/items/08_2013.html

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

Discussion

Une réflexion sur “Juste une mise au point

  1. Excellent article : il donne envie d’aller « vérifier » sur place !

    Publié par Jean-Pierre | 3 mars 2014, 12:14

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