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Galeries

Alors on danse

Gundi FalkC’est un réseau de lignes tracé à main levée sur du carton mousse. L’encre noire a suivi les circonvolutions de la main de l’artiste, créant un entrelacs à la fois souple et compact. Il est scandé de quelques points de cristallisation en rouge, en bleu en jaune. Gundi Falk est danseuse, sculpteur et scénographe. Chaque espace qu’elle investit: une piste, un scène, une feuille blanche, sera marqué par le geste d’une main reliée au corps, relié à la musique. Ensuite, l’artiste découpe les espaces entre les lignes, créant un ensemble de vides qui vont répondre aux déliés à l’encre noire.  C’est ce jeu rythmé, syncopé, musicale entre les creux, absences de matières et les pleins, légers, finement présents qui donne toute l’élégance à la composition. Une mélodie silencieuse s’en dégage.

Entre peinture et sculpture, les cartographies de lignes offrent un espace habité par le trajet d’une énergie. Ces mystérieuses typologies, ces enchevêtrements de traces sont la transposition de ce que Gundi Falk danse avec tout son corps. On l’imagine sans peine tournant autour de la table pour tracer sans à-coup ces schémas tranquilles et mélodieux. On sent aussi le plaisir du trait souple, du jeu avec l’encre, la joie à réaliser des volutes sans but et sans sens, juste formellement belles et esthétiques. On pourrait y voir une pensée qui se cherche, se perd, retrouve son chemin pour se conclure en retrouvant le point d’où elle est née.

C’est au Salon d’Art, un lieu étonnant qui existe depuis plus de trente ans, que Gundi Falk expose. Jean marchetti est coiffeur, galeriste et éditeur (La Pierre d’Alun). Au fil des années et de ses passions pour l’art et particulièrement pour les oeuvres sur papier, il a remplacé quelques fauteuil sde coiffeur par un espace d’exposition, n’en gardant qu’un seul, fréquenté par les passionnés d’art. Sa programmation extrêmement juste et personnelle présente des artistes qui travaillent toujours sur un fil qui relie l’humain et l’intime commun à tous.

  • Gundi Falk
  • Le Salon d’Art
  • 81 rue de l’Hôtel des Monnaies
  • 1060 Saint-Gilles
  • Jusqu’au 15 mars

CARTE POSTALE parue en février 2014 dans Marianne Belgique

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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