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Expos, Lieux d'Art

Ici et maintenant

Walter-SwennenBelle exposition monographie de l’artiste bruxellois Walter Swennen, né en 1946 à ne pas manquer au Wiels. L’occasion de découvrir un peintre qui fut d’abord poète et qui au début des années 80 décide d’explorer les possibilités narratives de l’art pictural. Walter Swennen se fait alors remarquer avec ses peintures peuplées de personnages de bande dessinée et de motifs simples, banals, voire “naïfs”. Il est accueilli comme l’un des nouveaux peintres vitalistes dont l’art pictural offre une alternative au formalisme.

On trouve dans sa première période de nombreux textes lâchés sur la toile d’un geste vif, peinture bavant, qui deviennent formes et aplats. Les mots issus de ses poésies sont transposés sur la toile, leur sens se perd, ne reste presque que le geste de les écrire en lettres rondes.

imagesWalter Swennen s’inspire de la vie quotidienne et s’approprie des éléments de la bd, des dessins d’enfants, des motifs trouvés dans des albums de coloriage. Il peint des motifs éclectiques, comme choisis par hazard,  silhouettes lambda qui flottent sur un fond travaillé comme une toile abstraite. Narratives, ses oeuvres se tendent entre représentation visuelle graphique spontanée et frontale et tout un monde d’imprévus et d’imprécisions. Le geste de la main, vivifiant et dansant, n’est pas sans rappeler sur certaines toiles les interrogations chromatiques de Cy Twombly.

Et, comme Jo Delahaut, c’est en essayant d’éviter de peindre avec ses tripes, ses émotions, qu’il déploie soudain quelque chose d’extrêmement poétique. Chaque toile est une porte ouverte sur un petit théatre évoquant rien et tout. Le spectateur est invité à y entrer et à s’y promener à sa guise. C’est pour cela que presque toutes ses peintures sont sans titre. A chacun d’y mettre son interprétation.

Sur deux étages, les toiles narratives, poétiques sont des puits sans fond des interrogations sur ce qu’est le fait de peindre. Pourquoi peindre, en effet, ce nuage rose ou cet éléphant gris, au lieu de les décrire avec des mots choisis? Pourquoi poser ce personnage qui s’ouvre le ventre de ses deux mains sur ce fond coloré? “Dire ce qui passe par la tête sans avoir peur de dire n’importe quoi.”, la règle fondamentale de Freud, Swennen -qui se passionne pour la psychanalyse-, l’applique à l’acte de peindre.

On pointe de très nombreux dessins comme des exercices d’écriture libre, dans lesquels naissent les formes, symboles etmotifs qui seront repris dans les peintures grands formats. Vivifiant.

  • Walter Swennen: So Far So Good
  • Wiels
  • 1190 Bruxelles
  • Jusqu’au 26 janvier 2014
  • Du mercredi au dimanche de 11h à 18h

Paru en octobre 2013 dans L’Echo

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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