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Galeries

Entre ciel et roches

url-1“Je suis en Islande pour ne plus jamais revenir. Tel un sismographe je me mets à dessiner sur le motif, non pas d’après “nature”, mais “contre nature. Tout contre la nature, contre les rochers, sous le vent et les embruns, dans le varech, les fucus et les laminaires”, écrit Lionel Guibout à propos de son séjour en Islande. Dans ce paysage de roche volcanique, cet artiste français né en 1959 a manié l’encre, le fusain et les pigments, sur un support de textile non tissé, légèrement transparent.

De somptueux grands formats et une floppée de petits cartons sont à découvrir chez Fred Lanzenberg. S’y dévoilent le paysage d’Islande: ciel immense, roches sombres, lumière crue.

fresh windsSur un rouleau de 25 M, Guibout va quotidiennement tracer ses perceptions du paysage islandais, en noir sur fond ivoire. Structures qui se répondent, écritures, longues évocations des montagnes, on y lit la lumière froide, la roche, les failles. Sur ce même tissu non tissé marouflé sur toiles de grand format, il dépose d’abord des encres vives. Ici, du jaune brûlant évoquant un soleil couchant, là, un bleu tirant vers le noir décrivant le ciel immense. Ensuite, les montagnes et leur roche sont tracées par xylographie. Un large morceau d’écorce recouvert de peinture à l’huile est appliqué sur la surface, laissant une trace texturée. Surfaces mates du ciel dialoguent avec les brillances des roches tracées à l’huile.

Bien sûr, il y a l’influence de la calligraphie chinoise, à laquelle il est formé. On trouve aussi dans cette peinture méditative, tracée au bord précis entre abstraction et figuration, une puissance dans le choix de couleurs. On pointe les petits formats: en noir et blanc, ils évoquent de très anciennes photos de lacs sous le brouillard. En couleurs, ce sont des parcelles de paysages, une échappée joyeuse.

  • Lionel Guibout
  • Endless landscapes
  • Galerie Fred lanzenberg
  • Bruxelles

Paru en novembre 2013 dans L’Echo

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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