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Galeries

Devenir peintre – A chaque jour…

Devenir peintre

imgresPierre Duys est auteur, réalisateur, plasticien. Il a travaillé plusieurs années dans une ong. Ce sont toutes ces vies qu’il a décidé, il y a tout juste 6 ans, de rassembler en une, celle d’artiste peintre.

Devenir peintre fut alors son unique objectif. Elève acharné de l’Académie d’Ixelles, il a pris racine devant ses toiles, il a peint jour et nuit, il a manié la couleur, a cherché à exprimer toutes les strates de pensées qu’il l’occupe et tous les épisodes de vie traversés. Il manie huile, pastel, acrylique sur un même support qu’il prépare lui-même. Pierre Duys est aussi auteur et il écrit bien. Sur sa peinture aussi. On lui en voudrait presque de pouvoir dérouler avec autant de facilité une théorie cohérente (physique quantique,…) sur les peintures qu’il nous donne à voir aujourd’hui. Car les somptueux grands formats n’ont pas besoin de sous-titres. En un geste plus narratif qu’abstrait, il manie la couleur et les formes avec brio, nous offrant des ensembles pleins de fougue et de poésie. Des surfaces molles formant comme des flaques, des quadrillages au pochoir, des éraflures, des lignes, des coulées… Maniant les éléments, il cherche à produire un effet de profondeur. On se sent happé par le mouvement induit sur la toile. Il y a plusieurs “couches”. Ici, à droite, on peut presque entrer dans la toile, là, plus haut, ca tourbillonne. Mais pas seulement. Il y a une musicalité, les formes se répondent avec grâce. Duys travaille en musique et ça se sent. Et puis, bien qu’il s’en défende, une grande poésie, une belle sentimentalité se dégagent de ses toiles. L’artiste ne peint pas sans sentiments. Bien au contraire. C’est la joie pleine, choisie, qui se dégage principalement du spectacle de ces grandes peintures. Plongez-y sans hésiter.

  • Pierre Duys
  • Road Gallery
  • Rhode-Saint-Genèse

A chaque jour…

15_jpwanadoo_02Jean-Pierre Marquet entame ses “autofictions” au début des années 90. Issu de la bande-dessinée, il choisit d’utiliser sa page-planche comme réceptacle de chaque journée. A la lisère de l’oeuvre plastique et de la littérature, s’y retrouveront quotidiennement les traces de sa vie, de ses lectures, de ses rencontres et de ses questionnements. Fait de cycles, l’ensemble de ces pages-agenda est à voir à la galerie 100 Titres, qui décidément aime à présenter des artistes qui se rient des frontières entre les pratiques et aiment à jouer avec les mots et leur forme typographiée sur papier. Mardi 12 avril 2011: un cheval tracé au crayon affirme: “Raconter une histoire n’est pas suffisant…”. Mardi 4 août 2009: un serpentin de papier collé traverse la page. Quelques croquis, d’autres papiers collés. “Esthétique du peu”, peut-on lire. 20 avril 2012: une silhouette de guitariste en noir et blanc. “Mon ego fatal”, dit le dessin sur la gauche. “magnifique encore raté”, dit-il sur la droite.

Les pages-planches de Jean-Pierre Marquet ne sont pas narratives. Cela ressemble plus à la trace d’une pensée intime, profonde et décousue qui l’occupe tout le long du jour. Les dessins automatiques, les ajouts collés d’éléments venant de la vraie vie, les ratures, les rehauts de couleurs sont des piqûres de rappel. Il n’y a aucune recherche d’effets. Tout est posé là comme si Marquet avait vidé ses poches sur une table avant d’aller se coucher. Avec impudeur,  s’y dit ce qui lui traverse la raison, le coeur et l’âme. Mercredi 16 janvier 2013: le visage d’un petit garçon, des collages, une phrase répétée: “Yes I am an artist”.

  • Autofictions
  • Jean-Pierre Marquet
  • Galerie 100 Titres
  • Bruxelles

Paru en novembre 2013 dans L’Echo 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Premiers échos des pages culture | : duys ex machina : - 26 janvier 2014

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