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Galeries

Portraits de famille

407888_1C’est par une juxtaposition patiente de touches de couleurs vives et rapides que le pinceau de Daniel Enkaoua raconte le centre de sa vie. Cet artiste français né en 1962 vit et travaille à Barcelone. Sa famille: son épouse et ses quatre enfants sont au centre de son oeuvre. C’est eux qu’il peint et qu’il met et remet au milieu de ses toiles. Par un lent travail de superpositions de touches de couleurs, en un mouvement mystique, tel une prière, il fait émerger de profonds et émouvants portraits.

Quelle puissante vibration émane en effet de ce “Liel debout de profil”, en tee-shirt blanc et bermuda bleu, le visage impassible, les bras le long du corps. Droit comme un i, immobile, le corps, le visage et le regard tournés d’un quart vers la gauche, le petit garçon pourrait sembler figé. Pourtant, il vibre d’un flux plein de vie. Daniel Enkaoua explique que ses enfants posent rarement. La toile prend beaucoup de temps à arriver à sa conclusion. On sent l’ouvrage mis et remis sur le métier. On sent la longue patience du peintre qui, creusant la fragile présence de son fils, s’interroge sur ce que c’est d’être en vie, simplement, au fil d’une existence qui se déroule. Même intimité délicate pour “Aure en automne”, le portrait de sa fille en robe jaune, avec ses petits bras maigres, cette posture bras croisés de petite fille, les cheveux lachés sur les épaules. Un instant d’éternité s’en dégage.

images-1Car la technique picturale sans faille d’Enkaoua trompe parfois l’oeil, on pourrait y voir un portrait qui aurait été peint il y a cent ans. C’est l’intense vibration des coups de pinceaux sculptant les volumes petit à petit qui transmettent une modernité bien réelle. Avec “Liel et Sarah”, le peintre offre un portrait émouvant de son épouse, dont les bras entourent avec affection les épaules d’un petit garçon debout devant elle. Les mains et les pieds des deux personnages sont de petits éventails à tendresse. Les épaules et la poitrine de la mère irradient d’une force tranquille. Tout semble dit du lien qui unit cette femme, son enfant, et l’artiste qui les représente.

Daniel Enkaoua peint aussi d’exquises natures mortes: “Les quatre coings”, “Le seau rouge”, “Gilet rouge”, “Les poireaux et deux casseroles”. Cette recherche picturale de haut vol est à voir dans la nouvelle galerie d’Esther Verhaeghe, qui a travaillé pour les salles de vente Millon et Pierre Bergé.

  • Daniel Enkaoua
  • Esther Verhaeghe Art Concepts
  • Bruxelles

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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