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Galeries

Miroir, mon beau miroir

GalerieGabrielRoltAmsterdamXueMu-570x380Art Brussels est ouvert. S’y pressent collectionneurs belges et internationaux, amateurs d’art et spécialistes de tout poil. Scénographie aérée, points de rencontres graphiques et colorés, The Cinema, The stage… les intervention de la nouvelle directrice artistique sont des réussites.

Comme toujours, deux ambiances très différentes dans les deux halls. Le Terminal 3, face à l’entrée principale propose un mélange de galeries installées, de “Young Talent” et de “First call”. L’atmosphère y est à la légereté, voire au “low profil”.  Ici, on travaille sérieusement certes, mais sans se prendre au sérieux. On y trouve beaucoup moins d’oeuvres de grands formats que l’année passée. Le Terminal 1 accueille les galeries installées: beaucoup moins de surprises mais des oeuvres dont on sent qu’elles sont conséquentes, matures et cohérentes.

En général, dans les stands, beaucoup de moyennes et petites pièces, comme pour s’adapter à la frilosité des acheteurs. Les collectionneurs eux-mêmes ne s’habillent plus en noir, mais en couleurs vives. On a vu du rose fuschia, du jaune fluo et plein d’orange sur les épaules des V.I.P. qui arpentaient les allées mercredi après-midi! La preview réservée aux V.I.P. est un moment important pour les galéristes, qui doivent idéalement assurer la plupart de leurs ventes dès ce premier jour.

On remarque que la mode des têtes de mort est passée – une toute bonne nouvelle! – sauf pour une série de sérigraphies de Damien Hirst à la manière d’Andy Warhol, presque un classique.

Les jeunes artistes travaillent énormément les matériaux récupérés: tissus, paille, bois, paipers imprimés, vieux livres découpés, voire nourriture. Ce revival “Arte Povera” s’admire dans le solo show de Gedi Sibony pour la galerie Gladstone. Cet artiste scotche à l’envers dans leurs cadres des images trouvées dans les marchés aux puces. Il présente aussi deux grands coupons de tissus rehaussées d’impressions de fleurs stylisées.

Un autre solo show privilégie les matériaux déjà imprimés: “Back Catalogue”, de Ross Hansen, de la galerie Stephane : assemblages et collages de papiers, couvertures et autres morceaux de documents imprimés présentent une language d’une grande poésie.

L’artiste chinoise Xue Mu, née en 1979 à Nanjing, en fait aussi son miel dans les installations sur le thème du miroir qu’elle donne à voir sur le stand de la galerie hollandaise Gabriel Rolt. Elle vient de terminer deux années à la Rijksacademie d’Amsterdam. “Je travaille souvent avec des objets ready made ou trouvés. Ici, j’utilise des miroirs qui ont tous la même forme. J’aime le miroir comme objet symbolique, qui dit le narcissisme, le regard sur soi. Ici j’en ai mis en certains nombre. Ils se ressemblent tous mais ils sont chacun placé selon un angle individuel. Chacun des miroirs réfléchit la lumière sur le mur à sa manière. Nous, les Chinois, on nous a encouragé à penser collectivment. Ici, je travaille sur la capacité d’individualité. En plus, ils ont deux faces: l’une qui rend une image réaliste, l’autre, une image grossie. “

On pointe les terribles totems-costumes de l’indien Shine Shivan, présenté par la galerie Maskara de Mumbaï, qui brode, coud, assemble frénétiquement, dans la lignée d’Annette Messager et de Joanna Vasconcelos. En effet, beaucoup d’oeuvres textile, brodées, sur la foire. Ainsi, Karen Reimer, à la galerie Monique Meloche de Chicago, a travaillé sur les nombres premiers, qu’elle brode sur une série de taies pour “Endless set”.

On pointe encore les sculptures colorées et graphiques du collectif Atelier Pica Pica chez Alice, les dessins au fil noir d’Elodie Antoine chez Aeroplastics, les découpages et constructions de papier en bas relief d’Abigail Reynolds à la galerie viennoise Raum Mit Licht, ainsi que les délicats assemblages de photos de famille transformées, découpées, de l’indienne Nandan Ghiya à la galerie 10 Chancery Lane de Hong-Kong.

Tant que vous êtes sur le plateau du Heysel, passez donc voir “A collector’s vision” à l’Atomium, le premier accrochage sur ce thème, avec une vingtaine d’oeuvres issues de la collection de l’immanquable Galila Barzilaï-Hollander. N’oubliez pas de filer ensuite à Slick, la foire Off parisienne qui s’exporte à Bruxelles pour la deuxième année,  sur le site de la Wild Gallery à deux pas du Wiels. Dans le même bloc, la petite Off qui monte, Poppositions, au Brass. S’il vous reste de l’énergie, cap sur Tour & Taxis et sa Off Art-Fair qui ratisse large.

 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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