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Galeries

L’identité précieuse – Trilogie, tome I

just-so-bijoux-belgique-frontieres-musee-magritte-163821_LJasbir Sandhu est une artiste d’origine singapourienne née en 1958. Mathématicienne de formation, elle a travaillé comme directrice IT dans d’importantes sociétés à travers le monde. Il y a 3 ans, elle tourne une page et entame une formation à l’Institut de la Parure et de la Bijouterie à Bruxelles. Elle a depuis développé une collection de bijoux sur le thème de l’identité. Rien d’étonnant à ce que Jasbir Sandhu se passionne pour ce thème, au regard du parcours de cette femme d’origine Sikh, vivant en Belgique, maman d’une petite fille d’origine thaïlandaise et ayant voyagé dans le monde entier pour son travail.

Comme une dentelle, les contours d’un pays ont été découpés très finement au laser. On peut ainsi porter sur soi le pays d’où l’on vient et qui nous définit. Son histoire, sa culture, sa mémoire font partie intégrante de notre identité personnelle. Ce pays où l’on est né est comme une architecture qui nous structure. Une ligne, tracée en métal, court tout le long des frontières. Cette frontière nous contient, aussi, dans le sens où elle nous embrasse et nous porte comme une mère. La Belgique, par exemple, se porte en collier en acier inoxydable, ou en broche de métal précieux. La collection de Jasbir Sandhu se déploiera sur tous les pays du monde. Ainsi, tel un immense puzzle, chaque pièce de ce monde rêvé peut être porté comme un bijou mais aussi comme un geste d’affirmation et d’appartenance. Sur les broches en or, un diamant se place sur une ville, par exemple la ville de naissance.

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Alquin-615-300x146Le Salon d’art et de coiffure était au départ un salon de coiffure. Mais voilà, le coiffeur est passionné d’art. Avec son chouette logo dessiné par Roland Topor, le lieu est depuis 36 ans un salon d’art… et de coiffure. Il y a une chaise de coiffeur à l’avant, et vous pouvez prendre rendez-vous pour une coupe. Aux cimaises, des artistes, confirmés ou pas, mais toujours très personnels.  Jean Marchetti, coiffeur et galeriste, exerce aussi son talent à sélectionner les belles choses dans le domaine de l’édition, avec sa collection de livres «  » (logo d’Alechinsky), qui publie depuis 30 ans. Que du beau monde, beaucoup d’amitiés, de la passion…

C’est une trilogie familiale que le galeriste propose aujourd’hui et dans les mois qui viennent. Nicola Alquin, fils cadet d’Alechinsky, expose ses sculptures encore quelques jours. En août, son frère, Ivan Alechine, montrera ses photos et en octobre c’est Pierre Alechinsky qui fêtera ses 85 ans en exposant ici.

Nicolas Alquin, sculpteur né en 1958, a déjà exposé ici il y a 25 ans. Dans les deux salles en enfilade, on découvre de très grandes pièces somptueuses, qui ont trouvé leur place miraculeusement, ainsi que des dessins à l’encre ou en empreinte de bois gravé. S’en dégage une force étonnante, ainsi qu’une belle sensitivité. « Avec la dune », un corps couché, taillé dans une pièce de chêne récupérée dans l’atelier de Zadkine qu’on vidait : les courbes puissantes qui ont été tronçonnées en trois morceaux trace un corps puissant. Le bois est passé à la chaux, puis encore taillé à la gouge. Le socle de bois exotique semble créer une tension supplémentaire, primitive. Une autre grande pièce mêle un bois flotté qui se courbe comme un oiseau, à un corps suggéré, plein d’élan. A côté, un totem majestueux rappelle les colonnes de Brancusi. A l’avant, deux sculptures allongées, l’une en bronze : un couple. L’autre encore en bois et en cire d’abeille, les deux matières de prédilection de Nicolas Alquin : de massives pièces de bois sont brièvement taillées, puis recouvertes de coulées de cire ou de plaques de cire modelées. Une alchimie mystérieuse qui fait qu’on s’interroge sur la matière utilisée, les textures et une énergie enracinée, terrienne, puissante et primitive s’en dégagent.

  • Nicolas Alquin
  • Le Salon d’Art 
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Paru en 2012 dans L’Echo

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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