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Expos, Lieux d'Art

A deux, c’est mieux

Toute belle exposition au musée d’Ixelles, qui présente une sélection d’œuvres contemporaines récemment acquises. Les artistes représentés ont été invités à exposer une autre de leurs réalisations et à parrainer un artiste de leur choix avec lequel ils font dialoguer leurs créations. Ces duos inattendus livrent un ensemble exceptionnel de peintures, sculptures, œuvres graphiques, vidéos et installations. La proposition est intelligente et provoque des dialogues inattendus, intelligibles et captivants. On y découvre avec fierté que la Belgique reste définitivement une terre de création.

1997254040_ID3272313__dsc8806fd_01ZR9D_0 Par exemple, Vincent Glowinski, alias Bonom, le grafeur et redoutable dessinateur qui a déjà exposé ici au cours de l’exposition « Explosition » propose de découvrir Stephan Goldrajch, et ses inénarrables masques en textile, dont on parle jusque dans le New York Times. Un thème commun se dégage : ils travaillent tous les deux sur la part monstrueuse qui se cache et parfois se dévoile en chacun de nous.

Michel François présente une majestueuse suspension faite de fils et de débris d’assiettes, « Domestic ». Il invite Lucia Bru dont les volumes fait de cubes de faïence, ou de fils de fer, ou de papier découpés font intelligemment écho avec le travail de Michel François, tant au niveaux des matériaux utilisés que de l’appréhension de l’espace.

Une très belle huile sur toile de Cindy Wright, « Snowwhite », évoquant à la fois une nappe blanche froissée et une surface enneigée, inscrit comme dans un paysage, et avec beaucoup d’évidence, les « Monuments aux morts », sculptures de béton noir, de son invité Renato Nicolodi.

« La roue qui tourne », de Jean-Luc Moerman, constitué d’un tabouret surmonté d’une roue de vélo – référence évidente à Marcel Duchamp – décorée des traits sinueux qui l’ont fait connaître, entame un dialogue plein d’humour avec l’installation de Vincent Solheid, « Les premiers seront les derniers », constituée de petites figurines de cyclistes… et d’un Christ en croix sur vélo. Les deux œuvres sont en lien évident avec l’Histoire, mais effectuent toutes les deux une belle pirouette.

L’univers plein de poésie de Lucile Bertrand, dont on peut découvrir ici une série de photos, « Perpetratio », retouchées et rehaussées de gommettes de couleur, évoque la fragilité, la féminité, l’impermanence des choses, le passage du temps, avec une grande délicatesse et beaucoup de subtilité. Sans conteste, son invité, Reiko Takizawa, avec « Incident », une série de carrés de papier plus ou moins délavés ou déteints, procède de la même analyse sur le temps qui passe et transforme imperceptiblement toutes choses.

N’oublions pas Denis Meyers, et son univers graphique original et typé, qui invite Arnaud Kool. Sa toile « Rue des radis », très narrative, présente des silhouettes cernées de noir, qui semble extraites d’une case de BD.

On pointe le carnet destiné aux enfants qui accompagne de manière interactive leur visite de l’exposition, de très belle tenue, graphique et ludique. Bref, tout cela est franchement réjouissant, plein de fraîcheur et d’intelligence.

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Paru en 2012 dans L’Echo 

 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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