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Galeries

Vezzoli – Krista Autio – Brown

L’homme qui brode 

url-1C’est un exceptionnel solo show de l’artiste italien Francesco Vezzoli, né en 1971, qu’on peut découvrir aujourd’hui à la galerie Almine Rech. Connu pour ses broderies de larmes sur photos, cet adepte du petit point et du point jeté s’est emparé de portraits de Olga Khokhlova, danseuse aux Ballets Russes devenue épouse de Picasso. C’est Almine Rech, la galeriste, petite fille du peintre, qui lui a donné accès aux archives familiales. « Olga pleure tous les ballets qu’elle n’a pas dansé par amour pour Picasso. », explique l’artiste… qui a transpercé de ses aiguilles une histoire d’amour née en 1917 à Rome, où Picasso, accompagné de Cocteau, rencontre l’imprésario Diaghilev et ses ballerines, dont la belle Olga. Sur de grandes peintures à l’huile qui reprennent les photos du visage d’Olga à différents moments de sa vie, Vezzoli borde des larmes, étrangement formées de morceaux des peintures de Picasso. Puis il orne la toile de collages : danseurs russes, costumes aux motifs cubistes. L’ensemble est présenté dans un immense et étrange mausolée de faux marbre blanc, planté au milieu de la galerie. On y entre au bout d’un tapis rouge : bienvenue dans l’univers mélancolique d’Olga vue par Vezzoli. Il s’agit là d’une somptueuse et émouvante mise en abîme : temps, moments de vie, extraits publics et privés de la vie d’une femme et épouse d’un peintre star se donnent à voir ainsi que leurs liens avec l’histoire de l’art que nous connaissons. Olga pleure, nous avons les yeux émus.

  • Olga Forever !
  • Francesco Vezzoli
  • Almine Rech Gallery
  • Bruxelles

Le temps file

url-2Suivie depuis ses débuts par la galeriste Catherine Jozsa, Krista Autio est une jeune artiste finlandaise qui s’interroge sur la vitesse folle avec laquelle tout le monde traverse la vie. Comment faire pour s’arrêter, se poser ? Mais aussi comment faire quand un accident de la vie, une maladie, un décès… donne un grand coup de frein à la course sans fin. Une série de grands formats carrés. Certains sont cadrés comme des clichés attrapés au vol : des pistes d’atterrissage d’aéroports low-cost. Puis aussi d’autres toiles avec des aplats vernis de couleur pure,  sur lesquelles l’artiste a mis jusqu’à 11 couches de peinture à l’huile, en un processus d’une lenteur indécente. En fin de compte, que se passe-t-il quand toute l’agitation s’arrête autour de nous ? « « Nous sommes tous confrontés, à l’occasion, à des situations où nous sommes obligés de reprendre notre respiration, et pour cela de nous arrêter. Alors, cette pause au milieu de la bousculade nous apparaît vraiment appréciable. On a l’impression aujourd’hui qu’il est demandé à l’être humain d’être performant et compétent en permanence ; en même temps, nous sommes supposés nous trouver un peu partout à la fois au même moment, et nous devons aussi nous débrouiller pour avancer dans notre environnement professionnel, réussir à faire « quelque chose » de notre vie. », explique Krista Autio. Une tension, une opposition qui se dit par les sujets représentés autant que par le choix de la technique du travail à l’huile, lent et méditatif.

  • Krista Autio
  • Jozsa Gallery
  • Bruxelles

Une cosmologie

keitelman-JamesBrownJames Brown est né en 1951 à Los Angeles. Il vit et travaille entre la France et le Mexique. Sa petite rétrospective à découvrir à la galerie Keitelman est consacrée à plusieurs séries emblématiques de la production de l’artiste qui, toutes, tentent de donner une représentation du cosmos en peinture, et, de façon plus discrète, en sculpture. De ce projet, empreint d’utopie et de souffle métaphysique, naissent des toiles d’une grande poésie, semées de pointillés qui trament la toile et de quelques grandes sphères qui représentent les planètes. Sur ces larges sphères, la couleur apportent un aspect organique, on croit apercevoir dans quelques-unes la forme d’un corps, d’un petit foetus. Des constellations, des étoiles noires, des systèmes solaires… De petits bronzes, sortes d’ovnis ou d’objets à poser dans un cabinet de curiosité, représentent gracieusement Mercure ou Mars. Au travers de sa démarche, l’artiste s’interroge sur la position que l’on occupe dans le monde tant comme créateur que comme regardeur. Sommes-nous un petit point dans l’espace ou cette belle planète qui prend tout la place à la gauche de la toile ? Une carte de ciel d’une grande beauté et pleine d’humanité.

  • Keitelman Gallery
  • The Space of Variations
  • James Brown
  • Bruxelles

Paru en 2012 dans L’Echo

 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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