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physicasensus-XMystérieuses images peuplées d’ombres, silhouettes d’hommes, âmes en peine cachées derrière un fouillis de traits qui semblent comme un brouillard, une forêt en hiver, une ramure ou une vague. Il y a du noir et toutes les nuances de noir, des gris, parfois des effets de brillance. Les œuvres imprimées de Ryunta Endo pourraient être sombre, au premier regard. A y regarder de plus près, c’est tout un monde de pensées conscientes et inconscientes qui s’ouvrent au travers de chaque image.

Né au Japon en 1960, ou il vit et travaille, Ryunta Endo a été reçu en 2008-2009 à l’Atelier de Gravure de La Cambre. Il expose aujourd’hui à Bruxelles, à la galerie XXL Art, qui s’est spécialisée dans les œuvres imprimées.

Formé à la lithogravure, il ne se considère cependant pas comme lithographe. Endo Ryuta mixe un ensemble de technique et « la chance », en un processus en plusieurs étapes. « La « chance », explique l’artiste, secoue les images, crée un circuit parallèle, fait émerger de nouvelles images dont la signification m’a échappé. »

D’abord, il dessine quelques figures. Ensuite, sélectionnant soigneusement les dessins, il les scanne. Dans le même temps, il scanne des formes déterminées par le hasard, comme des taches d’encre. Aidé de la technologie digitale, il superpose ces deux images, dans un geste qui allie son choix artistique et le hasard (qui fait bien les choses, comme tout le monde sait).

Ce résultat est imprimé sur papier épais, apte à recevoir une couche supplémentaire. Le troisième temps est celui de la lithogravure. Parfois, dans l’encre pour lithogravure, quelques pigments minéraux en poudre sont ajoutés…

Le résultat est d’une profondeur qui prête à la réflexion. Impossible de comprendre ou de séparer les couches. Tout est imbriqué. Ca se mêle. Au regard des œuvres imprimées de Ryuta Endo, l’œil cherche à entrer dans l’histoire qui se dit. On s’introduit dans une intimité qui n’est pas décrite comme telle ni réaliste ni sentimentale mais abordée mystérieusement et délicatement. Les titres comme « Physical sensus », « Implicatio », Transfrom » parlent aussi de mystère. L’artiste nous invite à nous promener dans les méandres de sa pensée mais aussi de son subconscient. Ryuta Endo offrira l’ensemble des bénéfices de la vente de ses œuvres à des organisations venant en aide aux victimes du tremblement de terre au Japon.

  • Ryuta Endo
  • Galerie XXL ART
  • Bruxelles

Paru en 2011 dans l’Echo

 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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