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Galeries, Lieux d'Art

En corps, nus – Habillons-les

En Corps, nus

La représentation du corps féminin a occupé bien des artistes. Archétype de la féminité, porteur de tant de symbolique, ce corps est à la fois magnifié et à torturé dans ses différentes représentations au cours de l’histoire de l’art. A la galerie J. Bastien Art est à voir une belle série de nus ou de femmes à leur toilettes.

armand-rassenfosse-le-rc3a9veil-pastel-42-x-29-sdAu travers des œuvres choisies, le corps se dévoile de multiples façons : sous l’esquisse comme à l’encre, avec plus ou moins de courbes, à la fois sensuel et raisonné, tour à tour tragique ou amusé, réalisé ou en devenir, pudique ou sans gêne, empli de secrets ou définitivement libre… Passant en revues des artistes du début du XXème siècle, jusqu’à d’autres plus récents, se déploient des descriptions personnelles, parfois douces, parfois cruelles. Ainsi, un très beau dessin de Félicien Rops. Un pastel d’Armand Rassenfosse, plein de douceur : une femme en chemise, le bras passant souplement au-dessus de la tête pour retenir sa chevelure, se regarde dans un miroir qui lui renvoie un reflet cerné de noir. Un autre pastel datant de 1913, de Georges Lemmen, représente une odalisque orientalisante, le buste nu et le reste du corps enveloppé dans un pan de tissu. Plus vif, voire plein de hargne, l’acrylique de Andrzei Wisniewski : fesses et dos toniques et provoquants. Et que fait le gendarme tout en noir, près d’une silhouette féminine en rouge, dans l’huile de Jean-Jacques Gaillard ?

  • En Corps
  • Galerie J. Bastien Art
  • Bruxelles

Habillons-les

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Délicieuse exposition de vêtements et autres pièces faites main au Musée du Costume et de la Dentelle. Dans le passé, le fait main était considéré comme un travail courant. Il y avait bien sûr des métiers à tisser, à tricoter, mais derrière, il y avait toujours l’homme, la tradition, le savoir-faire de l’artisan, le dessin de l’artiste. Aujourd’hui le fait main paraît exceptionnellement raffiné, délicat et précieux. A découvrir dans l’exposition « Hand Made »,  un ensemble de pièces témoignant de la production artisanale du vêtement ou de l’habillement.

efbfbd-museum-voor-kostuum-en-kant Ainsi, au milieu des robes de bal, un habit de cour est entièrement bordé d’un liseré blanc d’une guirlande serpentante de fleurs en deux tons de rose et de feuilles de chêne au fil d’or, entrelacée d’un ruban argenté formé de paillettes. Plus loin, des robes en dentelle utilisant les premières dentelles machine, sur fond de rose poudré ; une superbe cape du soir en velours de soie cannelé rouge rubis et noir à motifs de chevrons. A l’étage, une très touchante série d’ouvrages « scolaires », datés de 1798 aux années soixante, présentée en dialogue avec un choix de pièces de costumes et d’accessoires sortis des réserves, datant des mêmes années. En effet, les petites filles devaient toutes apprendre une série de point de couture et de broderie.

Dans les autres vitrines, sont évoqués les différents métiers spécialisés – lingère, brodeur et brodeuse, modiste, tailleur et couturière. Plus loin, les archives, esquisses, patrons et silhouettes, pleines de chic et de savoir-faire,  d’une maison de couture bruxelloise des années 50. Amusante vitrine d’ouvrages des années septante, avec le revival du hand made : tricot, couture, patchwork… et quelques exemplaires du Magazine 100 idées de Marie-Claire. On s’y croirait. On se penche avec tendresse sur les ouvrages et autres réalisations. C’est délicieux et didactique, plein de charme.

  • Handmade
  • Musée du Costume et de la Dentelle
  • Bruxelles

Paru en 2011 dans L’Echo

 

À propos de Muriel de Crayencour

On écrit bien sur ce qu’on aime. J’ai beaucoup visité de musées et d’expositions depuis toujours et ai une formation d’artiste. J’aime aller admirer des œuvres. Chaque œuvre d’un bon artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente. C’est comme une gourmandise qui ne finit pas. C’est passionnant de se rendre compte que l’œil s’éduque, comme la voix, l’oreille ou le palais. Plus je vois des choses, plus je comprends l’art. Et plus je vois de l’art, plus je comprends l’humain. Muriel de Crayencour a rédigé des chroniques sur les arts visuels durant 5 ans pour L'Echo (www.lecho.be). Elle est actuellement journaliste culture pour M Belgique.

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